me voilà après sept ans d’études et de travaux, script doctor.
qu’est-ce qu’un script doctor, sinon un écrivain critique, qui, pour parodier Jules Renard, n’ a peut-être pas le goût aussi sûr que l’auteur, mais en revanche, il a le dégoût certain.
autant dire que je crois savoir ce qui ne va pas dans une tentative grandiose d’écriture.
Aussi, j’ouvre au festival Off d’Avignon un ateleir Scripsa, – ma méthode – du 14 juillet au 17 juillet inclus, de 9h à 12h. le stage d’un coût de 235 € est progressif. Première étape – la métaphore. Deuxième journée: ecrire sur l’amour. Troisième phase: le Désamour dés l’origine, le deuil d’amour. enfin quatrième journée, dernière étape: 70 conseils et instructions pour qui veut se perfectionner dans la progression et le ressort dramatiques.
Lieu: le Théâtre des remparts.
inscription possible sur mon mail: magen44guy@gmail.com
ou au 06 36 79 08 68.
quatre jours qui ébranleront les certitudes, réveilleront les vocations véritables, susciteront comme chez Aladin, les génies endormis.
quelle lecture de ce texte génial de Koltès qui le réduit à l’histoire singulière d’un marginal alcoolique à la limite du délire de persécution!
ce n’est point là ce que nous étions en droit d’attendre d’un metteur en scène aussi prestigieux. Il y a eu, quelques années auparavant, dans le festival Off d’AVIGNON, – mais pour la presse nationale, le Off, s’y montrer , comme en parler – est déshonorant…
une mise en scène d’une simplicité désarmante tant elle était juste et vraie: le héros de ce monologue poignant est quelqu’un qui s’essouffle et s’époumonne à dire le plus vite possible ce qui lui passe par la tête de crainte qu’on ne l’interrompt, – voire, ce qui est pire, qu’on lui réponde. Sa logorrhée lui est vitale, s’il a la moindre pause ou interruption, l’angoisse, la vraie, celle qui saisit le psychotique, va lui revenir… alors, loin de le voir sur un lit d’hôpital aux urgences, on le verrait mieux sur un tapis roulant, en sens
inverse, à faire du sur-place, et ne cessant de parler, de soliloquer, comme prisonnier d’une vocation de déversoir sans interruption, qu’il faut bien reconnaître comme le pendant chez le pauvre type, de ce que l’on nomme par ailleurs noblement, l’urgence de l’Ecriture…
c’est le mérite de ce chef d’oeuvre d’Ettore Scola – Nous nous sommes tant aimés – que de nous éclairer enfin sur l’immense différence que l’amitié ne cesse de creuser avec l’amour:
Alors qu’en amour l’Autre est Unique, Majuscule, qu’un tel accord ne se fait qu’en rompant avec le reste du monde, l’Amitié, à l’opposé, gagne de proche en proche – les amis de mes amis sont mes amis – procède par amalgame et agglutination, et loin de se dire seuls au monde, les amis souhaitent rencontrer leurs pareils qui, forcément, existent.
Si le véritable amour sonne l’avènement vécu d’une ère nouvelle, comme il y a un après JC, l’amitié prône une ère à venir qui reste à bâtir, à construire comme preuve qu’il faut oeuvrer collectivement.
Ce plan où les trois partisans roulent naturellement, se tenant embrassés à trois, parce que tout devient possible, symbolise à mes yeux ce que Scola résume de l’amitié.
je serai à Ris Orangis le dernier lundi de Novembre à 14h et 18h pour The Shop around the corner, puis le mardi 7 décembre à 20h30 à Jacques Prévert aux Ulis pour la Nostalgie de la lumière, – à bientôt!
Il était sans aucun doute fondé de vouloir, avec les meilleures intentions du monde, nous montrer que si les petits mouchoirs étaient réservés aux amours, les grands mouchoirs ne se devaient d’être tirés que pour le deuil définitif des grandes amitiés. Hélas, nous ne connaîtrons jamais Ludo, en dehors d’une vidéo de soirée fort raccoleuse, dont le charme n’est dû qu’à la musique, et tant adonné qu’il fut aux jeux de soirées mémorables dont il sortait triomphant – c’est là simplement l’étymologie symbolique de Ludovic, – nous sommes loin d’éprouver pour lui, et de voir éprouver par ses amis, cette grande affection qui faisait dire à Montaigne, – tant elle était indescriptible, ” parce que c’était Lui, parce que c’était Moi!” nous sommes loin d’être gagnés à un film sur l’amitié où l’on ne connaît cette dernière que par ouï-dire, encore moins convaincus par cet amour de Vincent pour Max, comme nous déçoit ce pauvre symbole du sable de plage déversé sur la tombe par un Jean-Louis, trop heureux d’apporter à tous une leçon salutaire de bonnes moeurs, indéfectiblement plaçées sous le signe de la fidélité en amitié, si victorieuse de celle en amour, complètement défaite. Il y a en amitié, comme en amour, une cristallisation qui s’élève au sublime…nous n’aurons rien vu de tout cela, les sentiments sont convenus, alors que les acteurs sont tous de grands interprètes, – ils ne sauveront pas le film, en dépit de leurs prodiges! Hélas, trois fois hélas!
Il y a-t-il un phénomène plus proche de la cristallisation amoureuse, que cette admiration que j’éprouve soudain pour un auteur, à travers son écriture ? je suis – au double sens de l’expression – pas à pas ses émotions, elles sont miennes, j’en partage tout ce que je croyais secret, inconnu, loin du partage de sentiments communs que dilapide autrui, je m’en fais fort de le rencontrer, il m’a précédé mais j’avais anticipé sur ce qu’il adviendrait de lui, à travers son héros, et bien que ne l’ayant clairement deviné, l’avoir pressenti nous confirme dans le sentiment d’être de même fibre – et je rêve de pouvoir un jour proche peut-être, l’entretenir afin de mieux faire entendre à ma propre oreille ce que j’aurais à lui dire, et qui est encore en état de balbutiement, mais que je me promets de pouvoir enfin clairement formuler, sûr que sa seule présence décloisonnerait une parole vive encore coagulée là même où ma bouche ne demandait qu’à se libérer.
le dernier film de Woody Allen est un travail remarquable et d’une grande profondeur sur la sublimation. Le choix de la satire incisive cette-fois, plus qu’il n’est coutume, porte sur la malheureuse façon dont nous nous débattons pour que notre masque d’amour reste à tout prix sur notre personne, sans que personne ne nous l’arrache. Vous souvenez-vous, Persona, en Etrusque, signifie à la fois le masque, à la fois la personne, et à la fois que – derrière le masque, il n’y a personne. Lacan puis ses héritiers, identifient le masque à la sublimation, ce qui est génial, en précisant toutefois qu’il n’y a RIEN derrière ce masque-là, le Sujet est tout entier dans son masque. C’est exactement là la clef du film de Woody Allen , pour les quatre personnages principaux. Quelle terrible chirurgie de sa part, que de vouloir distinguer le masque du visage…il y a là une entreprise d’une cruauté sans précédent dans la satire, et qui serait impardonnable, – si le réalisateur n’avait lui-même, toute honte bue, faisant ce film, déposé le masque, celui de quelqu’un qui ne veut pas vieillir! allez, courez voir démasquée cette pauvre humanité – on n’y rit, malgré tout, dans la grande tradition de Molière. Qui donc a dit de l’oeuvre de Woody Allen: ” ce grand et vrai savoir des choses de ce monde…que lorsqu’on vient d’en rire – on devrait en pleurer.”??
Je vous propose d’animer des ateliers d’écriture Scripsa sur dix sessions de trois heures. Quels sont les avantages de la méthode Scripsa ?
- Elle permet de mieux comprendre les situations scéniques, dramatiques et scénaristiques – en soulignant et en affinant ce qui sur les écrans demeure donné à l’état brut.
- Elle permet un progrès essentiel de l’écriture de chacun en permettant à tous d’assimiler des grands auteurs le meilleur des florilèges.
- Elle s’impose d’elle-même à l’auteur qui vient redéfinir son projet et l’affirmer en lui proposant de s’exercer à polir chaque phrase, à ciseler chaque réplique.
- Rechercher pour la mieux comprendre, la métaphore, faire l’acquisition de la concision qui confine au génie, s’approprier la musicalité des textes, telles sont les premières étapes indispensables.
- Pénétrer en profondeur par la grâce de l’écriture, la psychologie amoureuse, exorciser la présence obsédante de la mort dans chaque texte, se saisir du rebond de l’action pour chaque situation, lors d’un évènement choisi, telles sont les grandes perspectives ouvertes et offertes.
- Ses champs d’application sont transversaux, allant du poème au scénario, en permettant de développer au choix le monologue, la nouvelle, le conte, le roman, le drame et la comédie.
Résumé très succinct du cursus proposé :
La métaphore, l’écrit sur l’amour, le chagrin d’amour, le dit des actions, le profil et la fonction des personnages, la nature du langage, etc… .
Une correction personnalisée via internet est désormais à votre portée, au fur et à mesure de l’avancée de vos essais et travaux, selon votre demande au jour le jour.